Anatomie d’un concombre

Trois silhouettes roses statuaires manipulent mystérieusement des contenants en plastique rouge. De simples bassines que l’on peut remplir ou vider. Présence ou absence. Visible, invisible. Chaque silhouette développe une relation unique à sa bassine dans une ap- parente unisson. Les silhouettes se délivrent de leur peau. S’opère alors une métamorphose qui amène à une étrange procession au- tour de la bassine matricielle. Un objet sacré et fragile se révèle au monde durant ce rituel de naissance : le concombre. Plein d’eau et de vie, il représente un retour à la nature, à un ordre végétal, dé- pouillé de tout artifice. Un retour à la source. Une source de force et d’espoir. De cette matrice en plastique, quelque chose peut en- core naître et vivre en harmonie. Ce tableau interroge le rapport aux objets du quotidien et la valeur symbolique des choses. Il est centré sur l’élément eau et la purification. Il constitue une tentative de réconciliation, une recherche d’équilibre entre règne végétal et règne plastique, entre nature et culture dans un contexte de sur-consommation de masse qui détruit tout sur son passage, y compris les individus eux-mêmes. De quoi a-t-on vraiment besoin ?

 

Mise en scène : Natacha Roscio
Avec Pierre Lachaud, Emmy Saumet et Damien Tridant
Création lumière et son : Marius Bichet
Regard extérieur : Clémentine Aubry